Médecine 2.0

Ce qui définit le mieux socialement la Médecine 2.0 est à mon sens le concept de démocratie sanitaire porté par la loi Kouchner de 2002. Cette loi était d’une telle modernité qu’elle peine encore à être appliquée dans nombre de ses aspects.
Dominique Dupagne

Hier à l’École des hautes études en sciences sociales, Dominique Dupagne (atoute) a évoqué avec talent et persuasion sa vision de la médecine 2.0. Contrairement à ce que certains (dont Bertalan M.  et moi) ont pu présenter ou écrire, la médecine 2.0 a peu de choses à voir avec le Web 2.0 (le social networking ou web communautaire). Le Web 2.0 et la médecine 2.0 n’ont qu’un seul point commun : l’intérêt qu’ils manifestent pour l’avis et la sensibilité du plus grand nombre (en l’occurrence les internautes pour le Web 2.0 et les patients pour la médecine 2.0).

Dominique Dupagne oppose la médecine des experts (en perte de vitesse, de crédibilité et de qualité) et la subjectivité des patients. Cette subjectivité Ce ressenti prend d’autant plus de valeur qu’il provient d’une communauté de patients, de l’intelligence collective qui s’en dégage et des relations qui s’y développent (« les patients s’écoutent entre eux »).
A l’appui de son argumentation Dominique Dupagne avance 2 services du Web (qui ne sont pas stricto sensu des services du  Web 2.0) : les forums et Google.  Les forums qui, à la différence des réseaux communautaires, rassemblent des patients ayant les mêmes préoccupations de santé. Google qui « donne du sens à la subjectivité » en s’affranchissant de toute hiérarchie et de tout classement préétabli… à l’image de son PageRank.

La présentation de Dominique Dupagne est là.

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5 Responses to Médecine 2.0

  1. surhumain dit :

    Bonjour,
    Je suis régulièrement vos chroniques dans RDP-MG que j’apprécie particulièrement. J’y ai trouvé de nombreux liens notamment très intéressant 🙂
    Une réflexion cependant: Vous parlez de Médecine 2.0 mais ce type de journal n’est-il pas justement tout l’inverse de ceci? Pas de critiques directs, soumission de la part des lecteurs concernant les articles des spécialistes. Le RDP-MG ne possède d’ailleurs même pas de courrier des lecteurs…

  2. philippe eveillard dit :

    Vous avez parfaitement raison.
    Dans son contenu la presse médicale est résolument 1.0,
    Mais je crois que le Web 1.0 a encore quelques belles années devant lui. Il suffit de naviguer un peu sur la Toile pour s’en convaincre. Il en est de même pour la presse médicale qui, aujourd’hui, propose des « repères » dans un seul sens (rédacteur –> lecteur). A sa décharge, elle essaie de mettre en place des espaces d’échange dans ses sites Web.

  3. DAVID dit :

    bonjour,
    Les médecins (généralistes mais pas seulement) se sont-ils enfin lancés dans la médecine 2.0 avec partage de connaissance sur des wiki?

  4. philippe eveillard dit :

    La médecine 2.0 ne se résume pas au « paratge de connaissances » dans les wikis.
    La médecine 2.0 c’est la rencontre du savoir du médecin avec le savoir du patient dans le cadre du cabinet de consultation.
    Le savoir du médecin est entretenu et actualisé par la formation médicale continue classique et par les outils du Web 2.0 dont les wikis.
    Avec le Cloud, les wikis sont un peu en perte de vitesse parce qu’il y a maintenant Google Drive et Skydrive « portés » par Google et Microsoft, une sévère concurrence !

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