Le dopage est sans effet sur les coureurs du Tour de France

 

giusto cerrutti

Le 23 juillet 2019, Slate a publié un article intitulé : « s’ils ne sont plus dopés, pourquoi les coureurs du Tour de France roulent-ils toujours aussi vite ? » (Camille Belsoeur).

La question est judicieuse. La réponse l’est moins. L’auteur de l’article avance quelques hypothèses comme un entrainement plus personnalisé ou un matériel mieux adapté (notamment dans les épreuves « contre la montre ») et s’égare dans le dépistage des coureurs « mutants » par la quantification des Watts développés dans l’ascension des cols.

Ces hypothèses ne font pas le poids devant « l’évidence ».  Même si,  pendant des années, ils ont puisé abondamment dans l’arsenal des substances interdites, les coureurs n’ont jamais été dopés (dans le sens d’une amélioration de leur performance) si l’on se réfère aux derniers travaux des universitaires de Leiden (Pays Bas).

Dans le numéro d’avril 2019 de Sports Medicine, Heuberger et Cohen ont passé en revue les 23 classes de substances interdites par l’Agence mondiale antidopage (AMA) et ont recherché des preuves d’efficacité de ces substances dans la performance sportive. Ils n’ont trouvé de preuve formelle que pour l’amélioration de la force et de la vitesse. Sont concernées par cette amélioration quatre classes : les anabolisants, les stimulants, les béta-2-mimétiques et les corticoïdes. Une cinquième classe (les bêta-bloquants) améliore la performance dans les sports de précision (tirs, billard, fléchettes…).

La performance en endurance n’est améliorée par aucune des 23 classes : importantly, there is no robust evidence that any substance classes on the Prohibited List have the ability to improve endurance performance. On ne peut être plus clair. Ainsi, à moins de considérer que le Tour de France est une épreuve qui sollicite les mêmes filières énergétiques que l’haltérophilie ou le 110 mètres haies, force est de constater que prélever des échantillons d’urine aux coureurs pendant le Tour de France ne sert à rien…
Qu’ils fassent ou non usage de substances interdites, les coureurs du Tour conservent la même vitesse de course. Peut-on trouver meilleure preuve de l’inefficacité du dopage dans les épreuves sportives où le filière aérobie est privilégiée (endurance) ?

Rappel pour ceux qui restent convaincus que l’érythropoïétine donne des ailes aux coureurs cyclistes La performance en endurance ne dépend pas de la puissance aérobie [la cylindrée du moteur], mais de la capacité aérobie [le réglage du carburateur]. Et le carburateur ne peut être réglé dans le sens d’un meilleur fonctionnement du moteur que par un entrainement spécifique et non par des médicaments.
Il y a 50 ans que l’on sait cela… (The significance of the aerobic-anaerobic transition for the determination of work load intensities during endurance training).
Et Eric Joussellin l’a expliqué bien mieux que moi dans son livre La médecine du sport sur le terrain.

Iconographie
Flickr The Commons
National Archief
No help for Giusto Cerutti
Tour de France 1928

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