Le sportif dopé est-il un tricheur ?

dopageTrois publications récentes ont modifié le regard qu’on pouvait porter sur le dopage des sportifs. A ma connaissance, personne ne s’en est fait l’écho. Une bonne raison pour en faire un billet de blog et un e-book d’une quarantaine de pages (disponible sur Amazon).

Les 2 premières publications en date (avril et mai 2016) ont fait suite au contrôle antidopage de Maria Sharapova (contrôle positif au meldonium). Elles stigmatisent les incohérences de l’Agence mondiale antidopage (AMA), notamment dans la gestion de la liste des produits interdits.

Meldonium : « l’usage fait la preuve »
L’usage immodéré du meldonium par les athlètes d’Europe de l’Est avait éveillé l’attention de l’AMA au point de mettre le produit sous surveillance pendant l’année 2015. L’usage immodéré fut confirmé au-delà de l’imaginable : 8,7% des échantillons d’urine des 762 athlètes contrôlés aux Jeux européens de Bakou (juin 2015) contenaient du meldonium. Pour l’AMA, l’usage faisant la preuve de l’efficacité du produit sur la performance, le meldonium fut placé sur la liste des produits interdits à partir du 1er janvier 2016.
Et pourtant… ce qu’on sait du meldonium n’engage pas à croire à son efficacité. « Produit miracle », tout à la fois nootrope, psychoactif, ergogénique et « oxygénateur », le Mildronate (spécialité du meldonium) est délivré sans prescription, disponible sur l’Internet, sans effets indésirable majeurs et n’est pas passé par les fourches caudines de la FDA (tout cela est écrit noir sur blanc sur le site du revendeur pour les Etats-Unis). Il apparaît ainsi comme un médicament-prétexte (il faut bien se « soigner » quand on fait de la compétition) à défaut d’être un médicament ayant fait ses preuves.

A elle seule, la dernière publication (juillet 2016) justifierait ce billet de blog. Elle fait suite à une conférence de presse donnée par des scientifiques de l’université de Leyden à propos de leur essai thérapeutique sur l’efficacité de l’érythropoïétine (EPO) dans la performance des coureurs cyclistes sur route.

L’EPO en échec dans le Mont Ventoux
Un mois avant l’étape du Tour de France comportant l’ascension du Mont Ventoux, 48 coureurs amateurs ont participé à la même épreuve. La moitié d’entre eux avait reçu de l’EPO pendant 8 semaines quand l’autre s’était contentée d’un placebo.
Résultat : l’ascension du col a été effectuée dans le même temps par les 2 groupes, la différence de 38 secondes (en faveur du groupe placebo !) n’étant pas significative. Ainsi, l’EPO, produit-phare du dopage depuis 25 ans, tombe de son piédestal et vient rejoindre le ginseng et les gris-gris porte-bonheur comme soutien à la performance. Un choc ! *

Se doper, est-ce tricher ?
OUI, si l’on se réfère à la définition du dictionnaire : « enfreindre les règles d’un jeu en vue de gagner » (Le Petit Robert). La règle, c’est la liste des produits interdits et le non-respect de la règle a bien pour objectif la médaille ou le bouquet du vainqueur.

NON, si l’on considère que :
– la compétition sportive n’est pas un jeu
(Dit-on de l’automobiliste qui roule à 180km/h sur l’autoroute que c’est un tricheur ? Non, on dit que c’est un inconscient ou un danger public. Et pourtant : il ne respecte pas la limitation de vitesse et il le fait pour gagner… même si c’est du temps) ;
– rien ne prouve que le non-respect de la règle (prendre un produit interdit) permet de gagner l’épreuve.

* Il aurait été préférable d’attendre la publication de l’essai « Mont Ventoux » et ne pas se contenter de ce qui a été dit par ses auteurs lors de la conférence de presse.
Plaident en faveur de la rigueur scientifique de ces mêmes auteurs :
– la publication du contenu de la conférence dans Science
– et leur précédente publication sur le même sujet (Erythropoïétine doping in cycling : lack of evidence for efficacy and a negative risk-benefit).
Plus de grain à moudre dans « le sportif dopé est-il un tricheur » :
– à télécharger sur Amazon (2,99 €) ;
– au format Kindle (à lire dans tous les environnements sous réserve d’avoir téléchargé l’application gratuite Kindle, disponible sur la page du téléchargement de l’e-book).

 

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