Petite mise au point sur le dopage des sportifs

Les propriétés ergogéniques des médicaments ne pouvant être démontrées scientifiquement (selon les « bonnes pratiques » des essais cliniques contrôlés), le dopage sportif ne peut être défini directement comme étant la prise d’un médicament capable d’améliorer la performance sportive.

Il faut donc prendre un chemin de traverse et, pour cela, définir le sportif dopé et le produit dopant.

Le sportif dopé est un sportif qui a pris un médicament inscrit sur la liste des produits interdits et « s’est fait prendre » au contrôle antidopage.

Le produit dopant est un produit répondant à au moins 2 critères parmi les 3 suivants (définition de l’agence mondiale antidopage) :
– dangereux pour la santé du sportif du fait d’effets indésirables majeurs ;
– contraire à l’éthique sportive (exemple : cannabis ; cocaïne…) ;
– ergogénique (mais ce critère ne tient pas la route – voir plus haut).

Ce texte s’appuie sur deux articles récents :
Cyclists’ favorite drug falls flat in trial (Science 15 juillet 2016)
Overhaul of global anti-doping system needed (The Lancet 28 mai 2016)

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2 Responses to Petite mise au point sur le dopage des sportifs

  1. Dominique Dupagne dit :

    Bonjour Philippe

    Je comprends bien cette définition légale, car le dopage étant puni, il faut bien le définir objectivement.

    Mais sur le plan purement sémantique, cela laisse un gros trou. Soit une molécule totalement nouvelle qui augmente de 10% le rendement musculaire d’un cycliste, mais qui est trop récente pour être inclus dans la liste officielle des produits interdits. Peut-on raisonnablement considérer que les cyclistes qui l’utilisent ne sont pas dopés ?

  2. philippe eveillard dit :

    Pour les auteurs de l’essai clinique (non encore publié) dont parle l’article « cyclists’ favorite drug falls flat in trial » (http://bit.ly/2ciI9z7), ce n’est pas l’amélioration des paramètres physiologiques (par exemple le rendement musculaire du cycliste) grâce au médicament qui constitue le dopage, mais c’est le franchissement de la ligne d’arrivée dans un meilleur rang sous l’effet du médicament.
    L’essai clinique fait sur l’étape du Mont Ventoux décrédibilise l’erythropoïétine (EPO) comme dopant : les 24 coureurs ayant bénéficié d’un traitement de 8 semaines par l’EPO n’ont pas grimpé le col plus vite que les 24 à qui on avait administré un placebo.

    L’article « Erythropoietine doping in cycling : lack of evidence for efficacy and a negative risk-benefit » fournit un tableau avec 18 études dont la majorité montre une amélioration de la VO2max grâce à l’EPO. L’article est en accès libre (http://bit.ly/2cl7jNM)

    L’EPO améliore la consommation maximale d’oxygène, mais ne permet pas de gagner la course. C’est la morale de ces 2 articles.

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