Dopage : la liste des substances interdites mérite un sérieux « coup de balai »

A l’heure où les JO de Rio débutent, des voix se font entendre pour remettre en cause la politique de l’Agence mondiale antidopage (AMA), notamment en ce qui concerne la liste des substances dopantes.

Deux articles récents jettent le doute sur la cohérence de la liste :  les substances mentionnées sont-elles toutes susceptibles d’améliorer les performances d’un sportif ?

Dans le premier article (The Lancet du 28 mai 2016), l’auteur (Sharmila Devi) a mené l’enquête auprès des scientifiques concernés par l’interdiction des substances supposées dopantes. Entre autres faits surprenants, elle signale que les experts qui dressent la liste sont priés de ne pas divulguer les raisons de leur choix. Elle cite Yannis Pitsiladis (expert de l’AMA de 2009 à 2013) : « chez les sportifs très entrainés, beaucoup de ces substances n’ont pas la capacité d’améliorer les performances ».

Le deuxième article, plus récent (Science du 15 juillet 2016) fait part d’une étude sur l’efficacité de l’érythropoïétine sur la performance des coureurs cyclistes. L’étude n’a montré aucune différence en termes de résultat des tests d’endurance (dont une ascension du Ventoux) qu’on ait administré aux coureurs de l’érythropoïétine ou un placebo pendant 8 semaines. Seul bémol : l’étude n’a concerné que 48 coureurs amateurs. Une étude contrôlée de plus grande envergure est souhaitée.

A Rio, les athlètes « rattrapés par la patrouille » (expression débile des commentateurs sportifs) auront-ils triché plus que ceux qui se seront gavés de substances non interdites ? La triche n’est-elle pas dans l’intention et non dans le produit ?

La liste des substances interdites n’est-elle pas une aberration médico-scientifique ?

Les « anciens bannis » doivent-ils être réhabilités ? Parmi eux :
Katrin Krabbe (1992) et le clenbuterol, un bêta-2-mimétiques aux vertus anabolisantes.
Diégo Maradona (1994) et sa mixture protéine + éphédrine.
Quant à Maria Sharapova (2016), à qui fera-t-on croire qu’elle a été dans le top 5 du classement WTA de 2011 à 2015 grâce au meldonium ?

Aura-t-on une réponse à ces questions après les Jeux, le temps que les experts de l’AMA se retournent ?
 

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