Rien ne prouve que l’EPO ait une quelconque efficacité sur la performance des cyclistes professionnels

Aujourd’hui, quand un coureur cycliste se met à monter les cols avec une fréquence de pédalage inhabituelle, on soupçonne immédiatement qu’il est « chargé comme une mule » et que, comme disent les commentateurs, « la patrouille ne l’a pas encore rattrapé ». Discours et comportement débiles.

Passée inaperçue lors de sa publication online (mai 2013) et lors de sa publication « papier » (juin 2013), une revue systématique (en libre accès) vient semer le doute sur la réalité des propriétés dopantes de l’EPO chez les coureurs cyclistes.

La synthèse des 10 pages et 165 références de la revue systématique des auteurs néerlandais tient en 5 points.

  1. Jusqu’à présent, les recherches menées sur « EPO et performance » ont porté principalement sur le paramètre « consommation maximale d’oxygène » (VO2max).
  2. Les cyclistes professionnels ne se distinguent pas par leur VO2max, mais par leurs seuils (lactique et ventilatoire) élevés et par l’efficacité de leur « allure » (sur un vélo, pour ne pas trainer en queue de peloton, il faut être « dans l’allure »).
  3. Dans les courses cyclistes professionnelles comme dans les courses contre la montre, la performance est étroitement liée aux paramètres des efforts sous maximaux (seuils lactique et ventilatoire, seuil d’accumulation des lactates). Ce sont eux qui devraient être pris en compte pour apprécier l’effet ergogénique de l’EPO.
  4. Dans une course cycliste, la durée de pédalage à intensité maximale est très réduite. Par exemple, dans la montée d’un col « hors catégorie », un coureur du Tour de France a un fréquence cardiaque au-dessus du seuil d’accumulation des lactates pendant seulement 119 secondes (3,6% du temps de la montée)
  5. Les caractéristiques des populations habituellement étudiées pour établir un rapport entre EPO et performance ne sont pas celles concernées directement par le dopage (les cyclistes professionnels).

Les auteurs concluent : des preuves de haute valeur scientifique (essai clinique contrôlé dans les conditions de course – during real-life circonstances) seraient préférables à la situation actuelle où des athlètes risquent leur santé en utilisant une substance de façon irrationnelle

Pour revenir sur l’allure de Froome dans le mont Ventoux, Cyrille Guimard interviewé dans le Courrier de l’Ouest (16 juillet) rappelle que Charly Gaul et Bernard Thévenet avaient la même fréquence de pédalage que Froome dans les cols et que « pouvoir augmenter les Watt en moulinant, c’est la base du cyclisme ».

Illustration :
Tour de France – move on! par GeS licence CC BY
http://www.flickr.com/photos/86652693@N00/4793629699

 

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